Senna’s summer Haiku : “Is it the song…

Is it the song
of the ferryman’s wife
under the tree-that-sleeps

Senna

 

 

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Est-ce la chanson
de la femme du hâleur
sous l’arbre-qui-dort

 

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Hasan of Edo’s Haiku : “The green grass, from my bathtub…

The green grass
from my bathtub I will see
in this heat

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Les herbes vertes
de mon bain je les verrai
par cette chaleur

Hasan d’Edo

 

 

“Wisdoms”, a poem by P. Valéry

WISDOMS

One wisdom runs away from love
Like the beast flees the fire;
She’s scared of being devoured.
She’s afraid of being consumed.

One wisdom looks for it,
And like the intelligent being,
Far from fleeing it, blows on the flame,
Makes it her strength and melt the iron,

Thereby, Love offers her his powers.

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SAGESSES

Une sagesse fuit l’Amour
Comme la bête fuit le feu;
Elle craint d’être dévorée.

Elle a peur d’être consumée.

Une Sagesse le recherche,
Et comme l’être intelligent,
Loin de la fuir, souffle la flamme,
La fait sa force et fond le fer,

Ainsi l’Amour lui prête ses puissances.

Paul Valéry

André Breton Poem : “At ten in the evening…

Woman in the night

At ten in the evening all the women in one… race to their rendez-vous in open country, at sea, in town.
It is she who trumps the funfair bull’s-eyes and dew-sieves of the woods.
Above the roofs the queen of cormorants, wasp sting at hour-glass level, tolls with her beak the trussed sack of portents spattering between the promises.

André Breton

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Photo : Ernst Haas

 

Femme dans la nuit

A dix heures du soir toutes les femmes en une courent au rendez-vous en rase campagne, sur mer, dans les villes.
C’est elle qui fait la vole des cartons de la fête et des tamis de rosée dans les bois.
Par dessus les toits la reine des cormorans, le point de guêpe au niveau du sablier, fait tinter de son bec le sac des présages fermé giclant entre les promesses.

Jacques Prévert poem : “Into my House”

Into my house

Into my house you will come
Actually this isn’t my house
I don’t know whose it is
I came in one day just like that
There was no one here
Just some red peppers hanging on a white wall
I stayed in this house a long time
No one came in
But every day and every day
I waited for you

I wasn’t doing anything
At least nothing serious
Sometimes in the morning
I would let out animal cries
I bawled like a donkey
With all of my might
And it pleased me to do so
And then I played with my feet
Feet are very smart
They take you very far
When you want to go very far
And then when you don’t want to leave
They stay there they keep you company
And when there is music they dance
You can’t dance without them
Just be stupid like man is so often
As stupid as his feet happy as a clam
The clam isn’t happy
It’s only happy when it’s happy
And sad when it’s sad or neither happy nor sad
How do you know that it’s a clam
Honestly it’s not really called that
It’s man who called this mollusk that
Clam clam clam clam

Names are so weird
Martin Hugo Victor is his first name
Bonaparte Napoleon is his first name
Why like that and not like this
A troop of bonapartes pass through the desert
The Emperor is named Dromedary
He has the body of a horse and some travelling luggage
At a far gallop a man who only has three first names
He’s called Tim-Tam-Tom and doesn’t have a last name
A little further still there is no one that matters
Much further still there is nothing that matters
And then what can you do

Into my house you will come
I think about other things but I only think about this
And once you have taken off all your clothes
And you stand there nude motionless with your red mouth
Like the red peppers hanging on the white wall
And then you will lie down and I will lie down next to you
Voilà
Into my house that is not my house you will come.

 

 

Dans ma maison

 

Dans ma maison vous viendrez

D’ailleurs ce n’est pas ma maison

Je ne sais pas à qui elle est

Je suis entré comme ça un jour

Il n’y avait personne

Seulement des piments rouges accrochés au mur blanc

Je suis resté longtemps dans cette maison

Personne n’est venu

Mais tous les jours et tous les jours

Je vous ai attendu

 

Je ne faisais rien

C’est-à-dire rien de sérieux

Quelque fois le matin

Je poussais des cris d’animaux

Je gueulais comme un âne

De toute mes forces

Et cela me faisait plaisir

Et puis je jouais avec mes pieds

C’est très intelligent les pieds

Ils vous emmènent très loin

Quand vous voulez aller très loin

Et puis quand vous ne voulez pas sortir

Ils restent là ils vous tiennent compagnie

Et quand il y a de la musique ils dansent

On ne peut pas danser sans eux

Il faut être bête comme l’homme l’est souvent

Pour dire des choses aussi bêtes

Que bête comme ses pied gai comme un pinson

Le pinson n’est pas gai

Il est seulement gai quand il est gai

Et triste quand il est triste ou ni gai ni triste

Est-ce qu’on sait ce que c’est un pinson

D’ailleurs il ne s’appelle pas réellement comme ça

C’est l’homme qui a appelé cet oiseau comme ça

Pinson pinson pinson pinson

 

Comme c’est curieux les noms

Martin Hugo Victor de son prénom

Bonaparte Napoléon de son prénom

Pourquoi comme ça et pas comme ça

Un troupeau de Bonapartes passe dans le désert

L’empereur s’appelle Dromadaire

Il a un cheval caisse et des tiroirs de course

Au loin galope un homme qui n’a que trois prénoms

Il s’appelle Tim-Tam-Tom et n’a pas de grand nom

Un peu plus loin encore il y a n’importe quoi

Et puis qu’est-ce que ça peut faire tout ça

 

Dans ma maison tu viendras

Je pense à autre chose mais je ne pense qu’à ça

Et quand tu seras entrée dans ma maison

Tu enlèveras tous tes vêtements

Et tu resteras immobile nue debout avec ta bouche rouge

Comme les piments rouges pendus sur le mur blanc

Et puis tu te coucheras et je me coucherais près de toi

Voilà

Dans ma maison qui n’est pas ma maison tu viendras.

Paul-Jean Toulet, French poet

Paul-Jean Toulet (1867-1920) was a French poet. Don’t worry : he’s completely forgotten in France.

https://en.wikipedia.org/wiki/Paul-Jean_Toulet

He wrote a delicious novel called “My Friend Nane”, and also Les Contrerimes, very short poems.

I offer you this one :

The evening coolness — as if filtered through
An emerald — brings your knees together, pressed,
And so you seem less nude. But, entre nous,
Your husband would say: “Just look at how you’re dressed!”

Cette fraîcheur du soir, qu’on dirai que tamise
Une émeraude, a fait se joindre tes genoux,
Et tu sembles moins nue ainsi. Mais entre nous,
Ton mari te dirait: “Comme vous voilà mise.

 

Toulet is free, and naughty, light, but always a bit melancholic…

 

Across the night’s hollow,
O sea, you whom I sense quiver
Like the breast of a lover
Turning on her pillow;

The heavy wind strikes the bluff…
What! If the mocking dart
Of a siren is in my heart –
O heart, divine rebuff.

What, no more tears,
Since no one heeds…
Quietly, like a heart that bleeds,
The rain appears.

Ô mer, toi que je sens frémir
À travers la nuit creuse,
Comme le sein d’ une amoureuse
Qui ne peut pas dormir ;

Le vent lourd frappe la falaise…
Quoi ! Si le chant moqueur
D’ une sirène est dans mon coeur-
Ô coeur, divin malaise.

Quoi, plus de larmes, ni d’ avoir
Personne qui vous plaigne…
Tout bas, comme d’ un flanc qui saigne,
Il s’ est mis à pleuvoir.

One more ?

Iris, with her brilliant pall
Lights with seven fires dancing
The gentle rain, advancing,
Musical.

Ah, on the summer roses
Drape the shimmering train,
And veil, soft rain,
Their arid poses.

And you, whose joyous cries
Concealed such fears
May I at last see tears
Fill your eyes

Iris, à son brillant mouchoir,
De sept feux illumine
La molle averse qui chemine,
Harmonieuse à choir.

Ah, sur les roses de l’ été,
Sois la mouvante robe,
Molle averse, qui me dérobe
Leur aride beauté

Et vous, dont le rire joyeux
M’ a caché tant d’ alarmes,
Puissé-je voir enfin des larmes
Monter jusqu’ à vos yeux.

Iris is the rainbow, of course…

 

A last one, the best for me :

 

We lightly touch as I awake

      in the wide, untidy bed;

what faithless dream is in her head

      that has her tremble, shake?

A sharp, thin ray of sunlight burns

      the ceiling like a shard.

Outside, down in the yard

      I hear the scrape of churns.

Dans le lit vaste et dévasté

      J’ ouvre les yeux près d’ elle ;

Je l’ effleure : un songe infidèle

      L’ embrasse à mon côté.

Une lueur tranchante et mince

      Échancre mon plafond.

Très loin, sur le pavé profond,

      J’ entends un seau qui grince…

 

Thanks for reading!

You can buy me a coffee!

 

 

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