Gertrude Stein Quote : “I like a thing simple but it must…

“I like a thing simple but it must be simple through complication”

Gertrude Stein

 

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#Picasso

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What one remembers/What one sees

When I visited my kindergarten school as an adult, I was surprised how everything seemed so little…

I found this little tool in a book about Modern Arts : Umberto Boccioni (1882-1916), an Italian painter, was part of a group of artists who founded the Futurism movement.

Movements in a line (and amounts of possibles)

“While the impressionists paint a picture to give one particular moment and subordinate the life of the picture to its resemblance to this moment, we synthesize every moment (time, place, form, color-tone) and thus paint the picture”.

I love this idea, “synthesize”, so I extracted the tool :

“The synthesis of what we remember and what we see”.

Inventing entities is interesting. Here, it’s made of, for example, “the successive forms of a moving object”, and the tool number one becomes SIMULTANEITY.

OK, these are on my table. What now?

I remember I read a Victor Hugo poem yesterday : Olympio’s Sadness. Revisiting memories… and the place, this poem is dancing weaving… what one remembers and what one see!

“How little time it takes for you, Nature, with your unwrinkled brow, to change everything, disregardingly, and, in your acts of transformation, to snap the mysterious threads that bind our hearts.”

Well, it’s just fun to apply this “synthesis of what we remember and what we see” tool elsewhere. Marketing? Photography? Teaching?

For sure it creates a tension: will we art it?

Thanks for reading!

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Tristesse d’Olympio
Les champs n’étaient point noirs, les cieux n’étaient pas mornes.
Non, le jour rayonnait dans un azur sans bornes
Sur la terre étendu,
L’air était plein d’encens et les prés de verdures
Quand il revit ces lieux où par tant de blessures
Son coeur s’est répandu !

L’automne souriait ; les coteaux vers la plaine
Penchaient leurs bois charmants qui jaunissaient à peine ;
Le ciel était doré ;
Et les oiseaux, tournés vers celui que tout nomme,
Disant peut-être à Dieu quelque chose de l’homme,
Chantaient leur chant sacré !

Il voulut tout revoir, l’étang près de la source,
La masure où l’aumône avait vidé leur bourse,
Le vieux frêne plié,
Les retraites d’amour au fond des bois perdues,
L’arbre où dans les baisers leurs âmes confondues
Avaient tout oublié !

Il chercha le jardin, la maison isolée,
La grille d’où l’oeil plonge en une oblique allée,
Les vergers en talus.
Pâle, il marchait. – Au bruit de son pas grave et sombre,
Il voyait à chaque arbre, hélas ! se dresser l’ombre
Des jours qui ne sont plus !

Il entendait frémir dans la forêt qu’il aime
Ce doux vent qui, faisant tout vibrer en nous-même,
Y réveille l’amour,
Et, remuant le chêne ou balançant la rose,
Semble l’âme de tout qui va sur chaque chose
Se poser tour à tour !

Les feuilles qui gisaient dans le bois solitaire,
S’efforçant sous ses pas de s’élever de terre,
Couraient dans le jardin ;
Ainsi, parfois, quand l’âme est triste, nos pensées
S’envolent un moment sur leurs ailes blessées,
Puis retombent soudain.

Il contempla longtemps les formes magnifiques
Que la nature prend dans les champs pacifiques ;
Il rêva jusqu’au soir ;
Tout le jour il erra le long de la ravine,
Admirant tour à tour le ciel, face divine,
Le lac, divin miroir !

Hélas ! se rappelant ses douces aventures,
Regardant, sans entrer, par-dessus les clôtures,
Ainsi qu’un paria,
Il erra tout le jour, vers l’heure où la nuit tombe,
Il se sentit le coeur triste comme une tombe,
Alors il s’écria :

” O douleur ! j’ai voulu, moi dont l’âme est troublée,
Savoir si l’urne encor conservait la liqueur,
Et voir ce qu’avait fait cette heureuse vallée
De tout ce que j’avais laissé là de mon coeur !

Que peu de temps suffit pour changer toutes choses !
Nature au front serein, comme vous oubliez !
Et comme vous brisez dans vos métamorphoses
Les fils mystérieux où nos coeurs sont liés !

Nos chambres de feuillage en halliers sont changées !
L’arbre où fut notre chiffre est mort ou renversé ;
Nos roses dans l’enclos ont été ravagées
Par les petits enfants qui sautent le fossé.

Un mur clôt la fontaine où, par l’heure échauffée,
Folâtre, elle buvait en descendant des bois ;
Elle prenait de l’eau dans sa main, douce fée,
Et laissait retomber des perles de ses doigts !

On a pavé la route âpre et mal aplanie,
Où, dans le sable pur se dessinant si bien,
Et de sa petitesse étalant l’ironie,
Son pied charmant semblait rire à côté du mien !

La borne du chemin, qui vit des jours sans nombre,
Où jadis pour m’attendre elle aimait à s’asseoir,
S’est usée en heurtant, lorsque la route est sombre,
Les grands chars gémissants qui reviennent le soir.

La forêt ici manque et là s’est agrandie.
De tout ce qui fut nous presque rien n’est vivant ;
Et, comme un tas de cendre éteinte et refroidie,
L’amas des souvenirs se disperse à tout vent !

N’existons-nous donc plus ? Avons-nous eu notre heure ?
Rien ne la rendra-t-il à nos cris superflus ?
L’air joue avec la branche au moment où je pleure ;
Ma maison me regarde et ne me connaît plus.

D’autres vont maintenant passer où nous passâmes.
Nous y sommes venus, d’autres vont y venir ;
Et le songe qu’avaient ébauché nos deux âmes,
Ils le continueront sans pouvoir le finir !

Car personne ici-bas ne termine et n’achève ;
Les pires des humains sont comme les meilleurs ;
Nous nous réveillons tous au même endroit du rêve.
Tout commence en ce monde et tout finit ailleurs.

Oui, d’autres à leur tour viendront, couples sans tache,
Puiser dans cet asile heureux, calme, enchanté,
Tout ce que la nature à l’amour qui se cache
Mêle de rêverie et de solennité !

D’autres auront nos champs, nos sentiers, nos retraites ;
Ton bois, ma bien-aimée, est à des inconnus.
D’autres femmes viendront, baigneuses indiscrètes,
Troubler le flot sacré qu’ont touché tes pieds nus !

Quoi donc ! c’est vainement qu’ici nous nous aimâmes !
Rien ne nous restera de ces coteaux fleuris
Où nous fondions notre être en y mêlant nos flammes !
L’impassible nature a déjà tout repris.

Oh ! dites-moi, ravins, frais ruisseaux, treilles mûres,
Rameaux chargés de nids, grottes, forêts, buissons.
Est-ce que vous ferez pour d’autres vos murmures ?
Est-ce que vous direz à d’autres vos chansons ?

Nous vous comprenions tant ! doux, attentifs, austères,
Tous nos échos s’ouvraient si bien à votre voix !
Et nous prêtions si bien, sans troubler vos mystères,
L’oreille aux mots profonds que vous dites parfois !

Répondez, vallon pur, répondez, solitude,
O nature abritée en ce désert si beau,
Lorsque nous dormirons tous deux dans l’attitude
Que donne aux morts pensifs la forme du tombeau,

Est-ce que vous serez à ce point insensible
De nous savoir couchés, morts avec nos amours,
Et de continuer votre fête paisible,
Et de toujours sourire et de chanter toujours ?

Est-ce que, nous sentant errer dans vos retraites,
Fantômes reconnus par vos monts et vos bois,
Vous ne nous direz pas de ces choses secrètes
Qu’on dit en revoyant des amis d’autrefois ?

Est-ce que vous pourrez, sans tristesse et sans plainte,
Voir nos ombres flotter où marchèrent nos pas,
Et la voir m’entraîner, dans une morne étreinte,
Vers quelque source en pleurs qui sanglote tout bas ?

Et s’il est quelque part, dans l’ombre où rien ne veille,
Deux amants sous vos fleurs abritant leurs transports,
Ne leur irez-vous pas murmurer à l’oreille :
– Vous qui vivez, donnez une pensée aux morts !

Dieu nous prête un moment les prés et les fontaines,
Les grands bois frissonnants, les rocs profonds et sourds
Et les cieux azurés et les lacs et les plaines,
Pour y mettre nos coeurs, nos rêves, nos amours ;

Puis il nous les retire. Il souffle notre flamme ;
Il plonge dans la nuit l’antre où nous rayonnons ;
Et dit à la vallée, où s’imprima notre âme,
D’effacer notre trace et d’oublier nos noms.

Eh bien ! oubliez-nous, maison, jardin, ombrages !
Herbe, use notre seuil ! ronce, cache nos pas !
Chantez, oiseaux ! ruisseaux, coulez ! croissez, feuillages !
Ceux que vous oubliez ne vous oublieront pas.

Car vous êtes pour nous l’ombre de l’amour même !
Vous êtes l’oasis qu’on rencontre en chemin !
Vous êtes, ô vallon, la retraite suprême
Où nous avons pleuré nous tenant par la main !

Toutes les passions s’éloignent avec l’âge,
L’une emportant son masque et l’autre son couteau,
Comme un essaim chantant d’histrions en voyage
Dont le groupe décroît derrière le coteau.

Mais toi, rien ne t’efface, amour ! toi qui nous charmes,
Toi qui, torche ou flambeau, luis dans notre brouillard !
Tu nous tiens par la joie, et surtout par les larmes.
Jeune homme on te maudit, on t’adore vieillard.

Dans ces jours où la tête au poids des ans s’incline,
Où l’homme, sans projets, sans but, sans visions,
Sent qu’il n’est déjà plus qu’une tombe en ruine
Où gisent ses vertus et ses illusions ;

Quand notre âme en rêvant descend dans nos entrailles,
Comptant dans notre coeur, qu’enfin la glace atteint,
Comme on compte les morts sur un champ de batailles,
Chaque douleur tombée et chaque songe éteint,

Comme quelqu’un qui cherche en tenant une lampe,
Loin des objets réels, loin du monde rieur,
Elle arrive à pas lents par une obscure rampe
Jusqu’au fond désolé du gouffre intérieur ;

Et là, dans cette nuit qu’aucun rayon n’étoile,
L’âme, en un repli sombre où tout semble finir,
Sent quelque chose encor palpiter sous un voile…
C’est toi qui dors dans l’ombre, ô sacré souvenir ! “

Frenchness?

When you’re French, you always hear about one quality which could be the core of Frenchness (of Frenchiness, who knows…) : “La mesure”, measure, which is weaved with moderation, elegance, analysis and a certain casualness.

Of course it’s always compared to Italy (more sun), Belgium (freer/crazier) or Germany (order, discipline) or America (power, efficiency)

It’s just in the cultural air, I never heard about this :

  1. In music, it’s Debussy : it never cuts or scream like Prokofiev, it’s not German (Wagner, Brückner). It’s Boulez, the orchestra director, who is the contrary of Bernstein : analysis and precision… creates beauty (certainly not “trance”).
  2. In poetry it’s Baudelaire, like a tamed complex clever romantic – there’s a critic in the poet’s head, controlling and judging the… rushes.
  3. I always heard about the French elegance about cars design. Ferrari is Italian and can not be French. Google “French elegance classic car design”.
  4. And tell me about La Parisienne, the French women who have “this” irritating fashion gift to be casually elegant with anything, pffff.
  5. Cuisine?

So what? La French touch? I asked around me and I got a few more words : subtlety, freedom, a way to refuse vulgarity (Ferrari not French). And a pinch of arrogance, I know…

Chanel, Stendhal, Ravel, I don’t know… I steal ideas in Valéry, and maybe find that what I’m looking for is maybe paradoxical, maybe a free, casual way to play with both sides of life.

It’s abstract, but it can be fiery (if we want, so there!). It’s drier, lighter (Satie). It’s… contained, but lyrical – but contained (Baudelaire). It’s elegant (but casually). Lines. Tone. Formulas and arrows. It wants quick ways, fast spirits. Maybe a little insolent. Seeking to be ageless, probably. Very personal, and disconcerting like a game. Sending out rules and dogmatism.

Of course I claim to be like that! 🙂

One figure here : Serge Gainsbourg. This composer/singer was casual (and never shaved) and so subtle and romantic. He was a great thief (of genres or classical music themes, from Brahms to Chopin). No dogma : easy listening, reggae, rock, he tried everything. Arrogant, for sure… and so subtle. Heavy, but harmonically very sensitive, etc.

You’ve never finished, with the French!

Traits are interesting. I exactly know what I like in Italy, in the USA, in the British culture (Beatles, Bowie). I smiled each time I am amazed by a musician from Northern Europa, Norway or Sweden. They have something (which is : extreme care of harmonic forms : Loney Dear, Abba, Royksopp).

What about yours, your… countriness?

Thanks for reading!

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http://www.academie-francaise.fr/la-pensee-et-lart-francais

Movements in a line (and amounts of possibles)

Just a little pattern to play with :

Valéry writes about what came, in literature, after Romanticism – example : Baudelaire after Hugo.

That’s this : Movement B comes after Movement A. It comes :

  1. To distort it
  2. To bring corrections to it
  3. To bring contradictions to it
  4. In the end, to stand in, to take his place

 

…what we are, what we can, what we want

Amounts of possibles?

  1. Unexplored domains
  2. Paths to trace
  3. Fields to exploit
  4. Cities to build
  5. Relations to establish
  6. Processes to spread

 

Can B bring exact responses to B? Is B a retaliation to A? Is this answer a energy source in order to gather? What are the desires in play? To be more solid, more clever, more… pure? What is the adolescence of newness? Why is it an advantage? Where are the imprudences, vulnerable spots, the impurities? Wisdom, move, perfection : when (after) do they come? What and where is the loss, when B crystallizes? How do audiences move around these?

Where do we see that? Between personalities? In Art only (fashion, architecture, etc)?

 

Have a nice day!

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Artification

I sold a book to a lady who is writing a thesis about… Artification.

I asked her : “What is this? The way Art spreads into society?”

“Noooo”, she answered. It’s the way Art extends its own definition : some things were NOT considered Art before, and now it’s Art.

Of course, you know me, we immediately had a little chat about resistance to Artification. I told her about authors who talks about decadence and “c’était mieux avant” (it was better before).

But I write this article because it’s a pattern, right?

It’s not Art Spreading in society, it’s more things becoming Art in society.

It really makes me think…

It’s a difference. A mutation more than a spread?

It’s a problem of definition (“What is Art and what is not”), it’s a problem of… field.

The field is not extending becoming larger (like Art coming to stations or malls), the field extends by mutation.

OK. Where else do we find this? Can you help me?

Thanks for reading!

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Words, loops, and Picasso

Yeyyy I bought a new book about Picasso. Like Manet, Valéry, Chekhov, Mahler or Faulkner. Little feasts. Emerald and pearls. Each time.

Why would I quit good guys like these, even if some are real toxic (Faulkner is so great that it kills me, Picasso is too prolific and multiple, Mahler too difficult, too subtle, Valéry impossibly clever)? I won’t. I’m hungry all the time – and to be disturbed is interesting!

These artists (and the books about them) made like… a free reservoir of ideas! In a way, this is generous, right?…

For an example, I chose here… Picasso, found a pattern, a seed to think about.

Watch this : when he was 15 he painted the church scene, at 19 the second one, at 21 he painted the blue one, at 26 the lady with the fan, the cubist mandolin at 29, and the running ladies at 31 years old. And he lived 91 years!

One of the funny magnifier to use with art is progress. We see here a man being a great artist as a teen, learning how to forget how to paint, to use his mood (sad blue), influences (African masks), analysis (deconstructing with cubism), then here… going back to representing things, but in another way : joyously, with exaggeration of gestures and bodies, with a clever way to be childish too.

Picasso always said he spent his life to unlearn how to draw.

I wanted to write an article about this structure :

Once you navigated into avant-garde, how do you come back to good old forms? I mean HOW? With a new freedom? Casualness? Science?

Life?

Why would you do that? A restart? A milestone? A pause? (It’s an article, right?)

Where do you see this pattern? In music? In cinema? Teaching? Learning? Writing?

What’s the structure? Pushing a lever then pulling it back? Taking risks then no more?

What kind of a LOOP (quit academicism, go back to it with something else. What?) is it? What are loops (oh, another article!)?

I like to read about Art, maybe more than watching it. Maybe yeah I’m an astronomer, not an astronaut… I love to talk about all these. Sometimes I have The Rilke Syndrome – Familiarity Problem.

OK I’m sorry. This is not an article, this is a mess. Sharing brings joy. Now I go back to my book. Or to Mike Oldfield’s Amarok (oh, another article!).

To your good health!

Thanks for reading.

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Jakub Rozalski, Illustrator

https://jakubrozalski.artstation.com/

Jakub Rozalski is good. He draws fantasy, monsters and werewolves, but his main talent is blooming when he imagine a Russian War Time Steampunk universe, with huge smoking machines in the distance…

Google his name to find more. I chose these for you :

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